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Blocus "dangereux et irresponsable"... la Chine hausse le ton vis-à-vis des Etats-Unis
information fournie par AFP 14/04/2026 à 12:12

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, le 13 avril 2026 à Washington ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, le 13 avril 2026 à Washington ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )

La Chine a haussé le ton mardi vis-à-vis des Etats-Unis en jugeant "dangereux et irresponsable" le blocus des ports iraniens, tout en se présentant en protagoniste actif des efforts de résolution de la crise lors d'une journée d'intense activité diplomatique à Pékin.

Pékin a aussi prévenu que la Chine prendrait des mesures de rétorsion "résolues" si les Etats-Unis lui imposaient des droits de douanes supplémentaires en raison de soupçons de fourniture d'aide militaire à l'Iran.

En même temps, Pékin s'est érigée en défenseure du droit international et de la souveraineté des Etats du Moyen-Orient en se disant prête à continuer à jouer un rôle "constructif" pour la paix.

Le haussement de ton de Pékin intervient après l'entrée en vigueur la veille du blocus maritime des Etats-Unis contre les ports iraniens dans le Golfe et en mer d'Oman. Téhéran a dénoncé un acte "illégal" de "piraterie".

Plus de la moitié des importations chinoises de brut transporté par voie maritime provenait l'an dernier du Moyen-Orient et transitait majoritairement par le détroit d'Ormuz, selon la société d'analyse Kpler. L'Iran destinait à la Chine plus de 80% de ses exportations de pétrole avant la guerre, selon Kpler.

Le blocus américain "ne fera qu'exacerber les tensions, fragiliser un accord de cessez-le-feu déjà fragile et compromettre encore davantage la sécurité du passage dans le détroit", a indiqué Guo Jiakun, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Le président chinois Xi Jinping à Pékin, le 25 février 2026 ( POOL / JESSICA LEE )

Le président chinois Xi Jinping à Pékin, le 25 février 2026 ( POOL / JESSICA LEE )

"Il s'agit d'un comportement dangereux et irresponsable", a-t-il souligné lors d'un point de presse régulier.

Il a aussi vivement réagi aux informations de la presse américaine selon lesquelles la Chine aurait livré ou s'apprêterait à livrer des équipements militaires à l'Iran.

Le président américain Donald Trump a brandi dimanche la menace de droits de douanes à 50% sur les marchandises chinoises.

Guo Jiakun a de nouveau qualifié de "fabriquées de toutes pièces" les informations en ce sens.

La Chine prendra "des contre-mesures résolues si les Etats-Unis persistent à utiliser ce prétexte pour lui imposer des droits de douane supplémentaires", a-t-il mis en garde.

Plus tôt dans la journée, le président Xi Jinping a critiqué à demi-mots les opérations américaines, lors d'une rencontre à Pékin avec le prince héritier d'Abou Dhabi, Khaled ben Mohammed ben Zayed Al Nahyane.

"Préserver l'autorité du droit international ne doit pas vouloir dire l'utiliser quand cela nous arrange, et le rejeter quand ce n'est pas le cas. Nous ne pouvons laisser le monde retourner à la loi de la jungle", a dit M. Xi à son hôte, ont rapporté les médias d'Etat.

Photo prise et diffusée par l'Agence de presse vietnamienne (VNA) le 14 avril 2026, montrant le secrétaire général du Parti communiste vietnamien, To Lam, et son épouse, Ngo Phuong Ly, à leur arrivée à l'aéroport international de Pékin ( Vietnam News Agency / STR )

Photo prise et diffusée par l'Agence de presse vietnamienne (VNA) le 14 avril 2026, montrant le secrétaire général du Parti communiste vietnamien, To Lam, et son épouse, Ngo Phuong Ly, à leur arrivée à l'aéroport international de Pékin ( Vietnam News Agency / STR )

La Chine accueillait mardi une série de dirigeants étrangers, tous concernés à des titres divers par les retombées des évènements du Moyen-Orient, même si ces derniers n'étaient pas annoncés comme l'objet premier de leur venue.

Outre le prince héritier d'Abou Dhabi étaient présents le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le président vietnamien To Lam et le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez - l'une des principales voix occidentales opposées à la guerre des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran.

- "Vraiment nécessaires" -

La Chine et la Russie sont des partenaires de l'Iran et des rivales des Etats-Unis.

Photo diffusée par le ministère russe des Affaires étrangères le 14 avril 2026 montrant le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, descendant d'un avion à son arrivée à Pékin ( Ministère ruesse des Affaires étrangères / Handout )

Photo diffusée par le ministère russe des Affaires étrangères le 14 avril 2026 montrant le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, descendant d'un avion à son arrivée à Pékin ( Ministère ruesse des Affaires étrangères / Handout )

La Chine a jusqu'alors été mesurée dans son soutien à Téhéran, soucieuse de ne pas compromettre ses relations étroites avec les pays arabes du Golfe, avec lesquels elle a profondément développé sa coopération économique et diplomatique durant la dernière décennie.

Malgré la grande discrétion sur les détails de son action, un rôle important a été attribué à la diplomatie chinoise dans le cessez-le-feu actuel et dans la tenue des pourparlers qui ont échoué entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan.

Devant le prince héritier d'Abou Dhabi, Xi Jinping a indiqué que la Chine "continuerait à jouer un rôle constructif" pour la reprise des pourparlers.

Le président chinois a tenu des propos similaires à Pedro Sanchez.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion avec le président chinois Xi Jinping, le 14 avril 2026 à Pékin ( AFP / Pedro PARDO )

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion avec le président chinois Xi Jinping, le 14 avril 2026 à Pékin ( AFP / Pedro PARDO )

La Chine et l'Espagne doivent "coopérer étroitement pour s'opposer au retour du monde à la loi de la jungle", a plaidé M. Xi.

"La Chine peut jouer un rôle important" pour la résolution du conflit et ses efforts sont "vraiment nécessaires", a estimé M. Sanchez lors d'une conférence de presse.

De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères est arrivé mardi en Chine pour une visite de deux jours, au cours de laquelle les deux puissances se "coordonneront" selon Pékin sur les questions internationales du moment.

2 commentaires

  • 15:13

    Le problème crucial est que Trump est pressé, il risque de poser un ultimatum très bref et attaquer l’Iran fortement et rapidement, ensuite rentrer chez lui après des dégâts majeurs


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